vendredi 22 avril 2011

Le maternage et les babis, entre théorie et réalité

Merci à smjm d'avoir rédigé le post suivant : 

Je suis une très grande convaincue du maternage proximal, ou du parentage proximal, car mon mari est également hyper impliqué, parfois même encore plus que moi.
Seulement, entre les théories qu'on peut trouver sur le maternage et la première année de vie d'un babi, je trouve que la distance est longue..
Je m'explique:
La plupart des livres qui traitent du sujet, on tendance je trouve à simplifier un peu les choses. J'ai le même ressenti par exemple par rapport à la Leche Ligue (qui m'a pourtant sauvé mon allaitement :-) et j'ai beaucoup de plaisir à prendre par aux réunions, mais avec un babi, je trouve que se sent souvent hors course.

Dans les écrits, on nous dit qu'une naissance respectée, naturelle, une proximité, le portage, le cododo et l'allaitement à la demande satisfont aux besoins de l'enfant et lui apporte toute la sécurité nécessaire à son bien-être, sa confiance, son autonomie.

Et là paf! un babi... pour ce qui nous concerne né à la maison, cododo dans notre lit depuis ses premières heures, porté à gogo car pas de poussettes, proximité on peut difficilement faire plus, il est avec nous 24h/24h, avec mon mari, on travaille ensemble, et on le prend avec, allaitement à la demande, sans aucune restriction de temps, de durée, de lieux (j'ai allaité à peu près partout), réponse immédiate à ses pleurs, pas de vaccination... bref, selon la littérature de maternage, je vois pas trop ce qui manque... et le tout avec la plus grande conviction et sans prise de tête, car c'est naturel de faire ainsi et on ne se voit pas agir autrement...
Et le résultat: 5 mois de hurlements quasi en continu, à 9 mois, 2heures de sommeil sans réveils durant les bonnes nuits, les mauvaises sont entrecoupées chaque 20 min, le mythe du bébé qu'on met dans l'écharpe et qui s'endort a été démonté quasi tous les jours, où il faut compter 40 min de marche rapide pour 10 min de sieste, un combat sans nom pour l'endormissement où je ressors de la chambre les cheveux en bataille, les seins en compote et le décolleté griffé, bref, pas facile facile....
Donc, oui au maternage proximal, mais venez pas nous dire que ça rend tous les bébés adorables, calme, sereins et confiants! Certes, sans cela, notre quotidien serait peut-être encore pire et on serait en consultation psy ou chez un exorciste pour tenter de comprendre cet enfant, mais j'ai parfois juste plus envie d'entendre ces raccourcis qui ne correspondent pas toujours à la réalité.
Je suis convaincue que d'ici quelques années, on en ressentira les effets (d'ailleurs en 9 mois, on note déjà pas mal de changements), mais pour ces premiers mois de hurlements, de colères, de ne plus savoir comment le satisfaire, je ne peux plus entendre "un coup de néné et hop, le tour est joué" "un bon dodo avec papa et maman et zoup, l'affaire est dans le sac..:"
La confiance d'un babi, ça se gagne lentement, beaucoup plus lentement que ce qu'on veut nous faire croire parfois...

smjm

6 commentaires:

Mi a dit…

Il en faut du courage pour y croire encore! mon bébé plein de vie a 2 ans et demi et parfois encore, je doute du maternage proximal justement parce qu'on m'avait fait croire que ca comblait parfaitement les besoins du bébé. Mais aujourd'hui, il est tellement intense dans tous les sentiments humains et il semble s'encrer dans se monde, doucement, mais tellement sûrement!

Laureline a dit…

"entre théorie et réalité" mmouais!!! vous m'en direz tant! ma puce est née naturellement, prépa en haptonomie (censée donner une sécurité de base aux enfants), allaitée à la demande et cododotée dès sa 1ère nuit, portée en permanence, sauf quand elle demande à se dégourdir les membres, pas vaccinée, on ne l'a jamais laissée pleurer, jamais laissée à un tiers... chansons, bercements, massages, ballades en extérieur, présence permanente de l’un de ses parents… et bien évidemment c'est loin de suffire!! ni à la contenter, ni à apaiser ses crises de hurlements…
elle ne dort jamais posée en journée, elle doit toujours être portée et en mouvement, parfois même en extérieur ; la nuit elle dort collée à moi (j'en ai le corps et le dos en compote, je ne peux jamais m'allonger détendue), a des coliques et passe la 2ème partie de nuit à pleurer, se tortiller et téter en continu pour calmer sa douleur. là elle commence à espacer ses tétées, mais sinon c’était toutes les heures et demi ou 2h, de jour comme de nuit.
elle est exigeante au possible, dès qu'un truc ne lui va plus (trop ou pas assez de stimulation, pas tenue comme elle le souhaite, plus l'activité qu'elle veut, si on s’assoit pendant qu’on la porte alors qu’elle veut qu’on soit toujours debout?!...) elle le manifeste bruyamment et avec frénésie de mouvements.
de toute façon elle est toujours en hyperactivité, à s'énerver et se mettre dans des états d'excitation pas possible, que ce soit de mécontentement comme de joie ! elle s'épuise à être aussi tonique et active, et bien sûr elle rechigne toujours à dormir, la vie c'est trop intéressant! le sommeil est un combat permanent avec elle, pour la convaincre qu’elle a besoin de dormir, puis pour la garder endormie. et elle ne peut s’endormir avec personne d’autre qu’avec nous. les siestes c'est 5 ou 6 fois par jour, des fois il faut 30 ou 40 minutes pour l’endormir, pour qu'elle dorme parfois 20 minutes! la plupart du temps elle fait un cycle de 40 minutes, exceptionnellement elle en enchaîne 2 ou 3 à condition de toujours bouger ! je me suis acheté un fauteuil à bascule pour pouvoir m’asseoir, mais même profondément endormie dans l’écharpe elle sent que ça ne lui va pas et se réveille, alors je reste debout à tourner en rond autour de ma table de salle à manger. quand j’en ai marre, je fais les 100 pas dans le jardin (heureusement que le printemps est arrivé), et quand j’en ai marre je pars en ballade dans le quartier ; et quand j’en ai marre je rentre ! les journées (et les nuits) sont interminables !!! bien sûr cela fait une éternité qu'elle ne s'endort plus au sein! et en voiture elle peut hurler toute la route!
le soir elle fait des crises d’épuisement, quand elle a besoin de partir pour sa nuit, et là plus rien ne la calme, ni bercements ni chansons ni le sein, sauf une succession de trucs qui petit à petit vont baisser son niveau d’excitation pour qu’elle arrive à téter et s’apaise peu à peu. allumer l’aspirateur ou un sèche cheveu aide souvent : les cris peuvent cesser immédiatement ! mais il y a des jours où on ne peut rien faire d’autre que de la porter et la rassurer pendant qu’elle s’épuise à hurler jusqu’à plus de forces…
on a essayé l'ostéopathe, la leche league et les consultantes en lactation, l'homéopathie, la recherche d'allergies avec éviction totale des PLV pendant 2 mois 1/2, puis du blé pendant 2 semaines...
(message trop long, à suivre!)

Laureline a dit…

(suite)
c'est elle qui a réclamé tout ça, nous on s'imaginait un bébé "classique" comme ceux de notre entourage! mais la conviction que tout pleur signifie un malaise nous a "obligés" à répondre à chacune de ses demandes, avec bien sûr que des critiques de l’entourage (amis, famille, professionnels de santé…) ! où l’on nous dit que si on est épuisés c’est de notre faute, car on l’a "gâtée", "mal habituée", voire que l’on élève un enfant tyran qui nous manipule (dixit mon père). les gens les plus bienveillants disent "chacun fait comme il veut, vous avez fait tous ces choix" (le cododo, le portage intensif…). mais NON, on n’a pas l’impression d’avoir eu le choix, sauf celui qu’on a fait à sa naissance de répondre à ses pleurs et de ne pas la laisser hurler ! et même en faisant tout notre possible pour y répondre, il y a des fois où ça n’est pas possible de la calmer, donc l’expérience nous montre qu’elle a une capacité à s’égosiller, écarlate, en sueurs, pendant très longtemps, avant de tomber d’épuisement ! alors entre "ça" tous les jours jusqu’à ce qu’elle se résigne à ne plus rien espérer de nous et ne nous fasse plus jamais confiance, et nos soi-disant choix de maternage proximal, est-ce un vrai choix ? il n’y a qu’à la leche league, et de trop rares personnes, qui nous comprennent et nous soutiennent.
contrairement à SMJM, tout cela n’a pas été sans prise de tête, car j’ai besoin de me sentir soutenue et reconnue dans mes choix, et cela n’a pas été le cas ; je suis sensible à la critique, qui m’a souvent fait douter de ce que je ressentais, et du bien-fondé de nos pratiques. la petite voix qui dit "et s’ils avaient raison et que nous avions tort ?". mon mari est également convaincu de la nécessité de ce type de maternage, mais lui aussi doute et me dit souvent "j’espère que tout ce qu’on fait servira à quelque chose". la phrase « sans cela, notre quotidien serait peut-être encore pire et on serait en consultation psy ou chez un exorciste pour tenter de comprendre cet enfant » nous a beaucoup fait rire. quand je suis tombée hier sur ce blog, j’ai poussé un immense soupir de soulagement en lui disant "on n’est pas fous !!!". car le découragement est bien trop souvent de rigueur !
nous avons l’impression de ne plus avoir de vie, de nous laisser "bouffer" par ce minuscule petit bout d’humain qui sait déjà si fort ce qu’elle veut dans la vie ! et qui vit tout si fort, si vite, si pressée de grandir, si impatiente que son petit corps ne réponde pas encore à son appétit de découvertes ! nous avons dû mettre même nos activités professionnelles entre parenthèses pour nous occuper d’elle, car personne ne peut ni ne sait s'occuper d'elle comme elle en a besoin, surtout pour son sommeil. personne n'a la patience de ses parents, ni le "savoir faire" qu'on a développé au fur et à mesure que son caractère s'affirmait. nous avons des professions indépendantes : l’avantage, c’est la souplesse que cela permet ; l’inconvénient c’est les conséquences financières. on trouve des compromis comme on peut, on la laisse souvent râler plus longtemps qu’on ne le voudrait, le temps d’avoir un minimum vital d’activités en-dehors d’elle, comme manger vite-vite-vite, pendant qu’elle s’impatiente sur mes genoux (elle supporte mieux ça que de rester sur un transat ; ou bien je mange debout en ma ballottant d’un pied sur l’autre!), prendre une douche vite-vite-vite, travailler un peu, l’esprit pas tranquille (elle a mis 2 mois ½ à prendre sans faire de crise les biberons de mon lait donnés par son papa)… c’est dire s’il a fallu que je m’accroche pour finir de rédiger ce post !

j’ai vu le sujet "comment cela a-t-il commencé ?". y a-t-il un sujet "comment cela a-t-il fini ?"
quand soufflera-t-on ?

Epuisella a dit…

Laureline,
Pour échanger, te sentir moins seule, déculpabiliser, n'hésite pas à venir nous rejoindre sur le forum : http://bbintenses.bbactif.com/
A très bientôt!

Unknown a dit…

bonjour... juste pour infos : tous ces bébés ressemblent de très près à des bébés souffrant de RGO... nous avons eu la chance de poser rapidement un diagnostic pour notre fille et depuis qu'elle est sous traitement c'est le jour et le nuit... j'ai retrouvé le bébé que je connaissais... elle est encore génée mais rien à voir avec avant... nous avons passer 2 semaines d'enfer... maintenant que nous savons ce que c'est nous comprenons et ça a tout changé. elle est apaisée et apaisable quand ces reflux arrivent (reflux internes). je précise nous aussi nous sommes maternant sans être extrémistes. le portage a bien marché c'est même ce qui m'a sauvé pendant 2 semaines (car assise à la verticale dans l'ergobaby, ça soulageait ses douleurs). alors consultez et ou renseignez vous car les RGO sont TRES fréquents et bcp passent inaperçus... un enfant très agité cache souvent un rgo... je n'aime pas les médocs à la base mais j'en suis revenu pour ma fille : je ne pouvais pas la laisser souffrir comme ça (surtout que les complications des rgo non traités promettent d'autres moments de bonheur :otites à répétitions et j'en passe)

Belzépha a dit…

Bonjour,
Je suis tout à fait d'accord avec ce témoignage.
J'ai également eu BABI que j'ai materné, et c'est d'autant plus difficile de faire accepter le maternage à notre entourage que notre bébé ne répond pas comme il le devrait par du calme et de la tranquillité.
J'ai persévéré parce que c'était pour moi la seule solution possible, de répondre à ses besoins quand il pleurait, donc cododo, allaitement à la demande et parfois sieste de 2 heures avec le sein dans la bouche, portage,...
Sur le coup je ne voyais pas les bénéfices de tout cela.
Aujourd'hui mon fils a 4 ans. Il est adorable, dort sans problèmes et est très câlin. Il reste un enfant sensible, les débuts à l'école ont été très difficile. Et malgré cela il a un côté très indépendant contrairement à sa soeur qui n'était pas un BABI. Un jour quelqu'un m'a dit qu'il avait emmagasiné de la confiance. Je crois que c'est exactement cela, même si au départ j'avais l'impression que ce que je faisais ne marchait pas du tout comme ça aurait dû.
Courage donc, les choses évoluent petit à petit.